MINORVILLE
C’est
un acte de donation de 1065 qui prouve l’existence du
village (Minulfi-Villae).
Minorville
a, pendant des siècles, présenté
deux particularités. La première est
d’avoir appartenu en partie aux chanoines de la collégiale
de Saint-Gengoult. En 1789, les chanoines étaient
encore pour moitié seigneurs de Minorville. C’était
un des rares villages où ils avaient de tels
droits. L’autre est d’avoir eu une église
paroissiale assez originale car elle était tout
à la fois édifice religieux et défense.
Une ancienne croix de Malte attestait de l’origine du
bâtiment.
En l’an 1105,
l’évêque de Toul donne, au chapitre de
Saint Gengoult de cette ville, le village de Menorvilli.

Le 5 juillet
1407, Robert duc de Bar rachète de Jean de Watronville,
les terres et seigneuries de Menonville Saint Gigoulf.
Puis par lettre datée du 20 novembre 1418, Louis
Cardinal, duc de Bar, cède à la Comtesse
de Ligny et de Saint Pol les terres de Blevaincourt
et Manonville Saint Gengoult. Ces terres seront rachetées
en 1421 par Robert de Sarrebrück, seigneur de Commercy.
Quoique ces titres portent Manonville et Ménonville,
les mots Saint Gengoult qui les accompagnent donnent
à penser qu’il y est question de Minorville.
Minorville
fut un lieu de passage de bien des armées, la
sécurité fut pendant des siècles
la préoccupation majeure des campagnes. En 1588,
les habitants obtenaient du duc Charles III, duc de
Lorrraine (leur deuxième seigneur avec les chanoines),
l’autorisation de clore le village de murailles, tours
et fossés pour se garder de pilleries, exactions
commises par ses troupes des « Païs-Bas ».
Le 16 décembre
1618, les habitants de Minorville obtiennent du duc
de Lorraine la permission d’établir des fours
en leurs maisons moyennant une redevance annuelle de
100 francs payable au dit duc et 50 francs au chapitre
Saint Gengoult.

Les églises
de village, maintenant encore, demeurent des symboles
identitaires incontournables. Leurs cloches rythmaient
les grandes étapes de la vie des communautés
rurales. Maisons de Dieu, les églises étaient
aussi les maisons de tous. On aimait s’y retrouver et
échanger des nouvelles. On s’y réfugiait
en cas de danger. Au début du XIX siècle,
l’église de Minorville gardait la réputation
d’avoir été jadis une église-refuge
comme l’atteste les énormes blocs de pierre des
murs du cimetière qui l’entouraient.
Cette église
était sombre et trop étroite. Elle pouvait
contenir tout au plus une centaine de personnes. Or,
en 1843 le village comptait alors près de 370
habitants (répartis entre 115 ménages)
et le taux de pratique religieuse était resté
très élevé. C’est pour cela que
la population en souhaita une nouvelle, plus «
moderne ». La reconstruction de l’église
paroissiale de Minorville se fit, sous le Second Empire,
en 1864-1867, perpendiculairement à l’emplacement
de l’ancienne dont l’entrée regardait le nord.

Rénovée
en 1999, l’église de Minorville a fière
allure. La façade de l’édifice a retrouvé
tout son éclat. Cela montre l’attachement des
habitants pour leur église.
Un autre vestige
du passé existe toujours : la chapelle Sainte
Barbe, refaite elle aussi sous le Second Empire. Elle
rappelle une ferveur populaire maintenant oubliée
: jadis ceux qui avaient des problèmes avec leurs
yeux se rendaient à la fontaine Sainte Barbe
qui avaient la notoriété de faire parfois
des miracles. L’endroit fut pendant longtemps ombragé
par deux ormes extraordinaires qui furent coupés
à la Révolution ainsi que la croix qui
se dressait là, au bord de la route menant à
Ansauville.

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