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Bulletin n°12
Juillet 2008

 

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MINORVILLE

C’est un acte de donation de 1065 qui prouve l’existence du village (Minulfi-Villae).

Minorville a, pendant des siècles, présenté deux particularités.
La première est d’avoir appartenu en partie aux chanoines de la collégiale de Saint-Gengoult. En 1789, les chanoines étaient encore pour moitié seigneurs de Minorville. C’était un des rares villages où ils avaient de tels droits.
L’autre est d’avoir eu une église paroissiale assez originale car elle était tout à la fois édifice religieux et défense. Une ancienne croix de Malte attestait de l’origine du bâtiment.

En l’an 1105, l’évêque de Toul donne, au chapitre de Saint Gengoult de cette ville, le village de Menorvilli.

Le 5 juillet 1407, Robert duc de Bar rachète de Jean de Watronville, les terres et seigneuries de Menonville Saint Gigoulf. Puis par lettre datée du 20 novembre 1418, Louis Cardinal, duc de Bar, cède à la Comtesse de Ligny et de Saint Pol les terres de Blevaincourt et Manonville Saint Gengoult. Ces terres seront rachetées en 1421 par Robert de Sarrebrück, seigneur de Commercy. Quoique ces titres portent Manonville et Ménonville, les mots Saint Gengoult qui les accompagnent donnent à penser qu’il y est question de Minorville.

Minorville fut un lieu de passage de bien des armées, la sécurité fut pendant des siècles la préoccupation majeure des campagnes. En 1588, les habitants obtenaient du duc Charles III, duc de Lorrraine (leur deuxième seigneur avec les chanoines), l’autorisation de clore le village de murailles, tours et fossés pour se garder de pilleries, exactions commises par ses troupes des « Païs-Bas ».

Le 16 décembre 1618, les habitants de Minorville obtiennent du duc de Lorraine la permission d’établir des fours en leurs maisons moyennant une redevance annuelle de 100 francs payable au dit duc et 50 francs au chapitre Saint Gengoult.

Les églises de village, maintenant encore, demeurent des symboles identitaires incontournables. Leurs cloches rythmaient les grandes étapes de la vie des communautés rurales. Maisons de Dieu, les églises étaient aussi les maisons de tous. On aimait s’y retrouver et échanger des nouvelles. On s’y réfugiait en cas de danger.
Au début du XIX siècle, l’église de Minorville gardait la réputation d’avoir été jadis une église-refuge comme l’atteste les énormes blocs de pierre des murs du cimetière qui l’entouraient.

Cette église était sombre et trop étroite. Elle pouvait contenir tout au plus une centaine de personnes. Or, en 1843 le village comptait alors près de 370 habitants (répartis entre 115 ménages) et le taux de pratique religieuse était resté très élevé. C’est pour cela que la population en souhaita une nouvelle, plus « moderne ».
La reconstruction de l’église paroissiale de Minorville se fit, sous le Second Empire, en 1864-1867, perpendiculairement à l’emplacement de l’ancienne dont l’entrée regardait le nord.

Rénovée en 1999, l’église de Minorville a fière allure. La façade de l’édifice a retrouvé tout son éclat. Cela montre l’attachement des habitants pour leur église.

Un autre vestige du passé existe toujours : la chapelle Sainte Barbe, refaite elle aussi sous le Second Empire. Elle rappelle une ferveur populaire maintenant oubliée : jadis ceux qui avaient des problèmes avec leurs yeux se rendaient à la fontaine Sainte Barbe qui avaient la notoriété de faire parfois des miracles. L’endroit fut pendant longtemps ombragé par deux ormes extraordinaires qui furent coupés à la Révolution ainsi que la croix qui se dressait là, au bord de la route menant à Ansauville.



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